Tout est une question de contexte…

Les avantages sociaux, économiques et environnementaux des mini-maisons sont potentiellement nombreux. Néanmoins, ils sont largement dépendants du contexte et de la démarche dans lesquels le projet s’insère. Dans le but de favoriser un développement durable de la mini-maison au Québec, certaines considérations sont de mise.

Économies de matériaux et d’énergie

En raison de sa petite taille, la mini-maison nécessite moins de matériaux pour être construite et moins d’énergie pour être chauffée ou climatisée. Plutôt que de s’en tenir à cette économie de matériaux et d’énergie, le MQMM croit que c’est là une occasion d’utiliser des matériaux locaux et durables de qualité dans le but de minimiser l’impact de l’habitation sur l’environnement et d’améliorer la santé des occupants.

Intérieur d’une mini-maison à Val-David | Auteur inconnue

Pratiques de vie

Étant à peine plus grandes qu’un petit appartement, la mini-maison ne permet pas d’accumuler autant de biens de consommation qu’une maison conventionnelle. Le fait de vivre dans une mini-maison implique donc nécessairement une forme ou une autre de simplicité volontaire, ce qui contribue à réduire l’empreinte environnementale des occupant(e)s.

Milieu d’insertion

Toutefois, si la mini-maison est construite sur un nouveau lot (dans un boisé, une terre agricole dézonée ou un ancien marais par exemple), elle risque de contribuer à l’étalement urbain et elle exercera une pression sur les zones vertes et sur les terres agricoles. Par ailleurs, si elle est localisée loin des services et des commerces, la dépendance à l’automobile des occupant(e)s qui l’habitent nuit nécessairement à son bilan environnemental.

Il est cependant possible de favoriser l’insertion harmonieuse des mini-maisons dans les secteurs déjà construits et de prioriser des formes de développement alternatives plus durables.

Mini-maison en fond de cour | La Shed – Photo Maxime Brouillet

Par exemple, en favorisant l’insertion des mini-maisons en tant que deuxième unité sur un lot déjà occupé par une maison principale (une unité d’habitation accessoire ou UHA), on peut contribuer à la densification des zones déjà construites. On diminue alors la pression sur les zones vertes et sur les terres agricoles. Grâce à cette manière de faire, les arrangements intergénérationnels sont grandement favorisés, permettant en cela de répondre au désir des aînés de demeurer dans leur quartier malgré le vieillissement et de faciliter l’accès à la propriété des familles à plus faible revenu.

Il est aussi possible de favoriser des formes alternatives de développement telles que la création de coopératives d’habitation. C’est notamment le cas du projet Le Petit quartier de Sherbrooke. Étant donné la petite taille des habitations, cette coopérative inclut des espaces collectifs partagés. Qui plus est, alors que la Ville exigeait 12 % de conservation de zone boisée, ce projet a préféré conserver 60 % du site, ce qui en fait un exemple de projet de développement alternatif durable intéressant.

Finalement, on constate aussi que la mini-maison est souvent utilisée pour la villégiature, principalement pour la construction de micro-chalets sur le bord de lacs ou de montagnes pour le ski l’hiver. Dans ce cas, on devrait cependant parler de mini ou de micro chalets plutôt que de mini-maisons, car ce sont rarement des résidences permanentes.